2 août 2009

Dés que je rentre du travail, il me faut mon verre de vin, et par dessus tout mon verre à pied avec lequel je me vautre sur le canapé en me disant bon sang que j'ai mail aux jambes. Souvent à la pause de midi, je décline les déjeuners à l'extérieur parce que je ne suis pas de ceux qui peuvent se permettre le resto. Je lis des bouquins moisis dans la même rame que les touristes qui viennent voir la Eiffel Tower, et je rentre aussi avec eux. Je fais des essais hasardeux de petits plats dans la cuisine du cuistot paternel, je recommence à fumer des blondes par fagot de 1000, je reste pendue au téléphone avec mon gay boyfriend en éspérant qu'il vienne très très vite. J'ai raté la saison des mangues, les bonnes, les pakistanaises. Je flâne aux puces pour m'acheter un sac en plastoc qui ferait rire n'importe quelle parisienne. Je suis là mais mon coeur est resté à Rennes, quelque part entre les remises de notes, les feux d'artifices du 14 juillet et les aurevoirs déchirants dans une chambre d'étudiant mal rangée. J'ai hâte que tu viennes, et qu'on regarde le soleil se lever à la défense comme deux abrutis de provinciaux.

11 juin 2009

Quoi répondre lorsqu'on a l'impression que c'est une chance comme ça peut être totalement inconscient ?

"J'aimerais qu'on vive ensemble".
"Je veux vivre avec toi".

Et je crois que ça ne me bouleverserait pas plus que ça s'il disait juste "habiter", comme quoi des fois, la terminologie...
Je l'ai entendu bredouiller la chose complètement ivre dans le bus, on se l'est dit pour de rire à une fête arrosée, il me l'a dit au téléphone au milieu de la nuit, il me l'a écrit avec plein de smileys stupides sur messagerie instantanée, il me l'a dit une fois après une grosse engueulade.

Et ce soir il l'a annoncé à toute la tablée au bar, un peu comme on demande quelqu'un en mariage, et on a tapé nos pintes, et j'ai dit que oui, peut être.

C'est un des trucs les plus cons et les plus forts de la vie que de cohabiter, et j'ai choisi celui avec qui ça ne peut que finir en cataclysme. Mais je crois qu'on aurait tort de ne pas essayer.

19 avril 2009



Conneries, remises en question malvenues. On fait pas la morale aux gens à l'aube d'un lendemain de fête. On est juste censé regarder le jour qui se lève et soupirer devant des sacs poubelles et vider les derniers verres. Et il ne faut jamais dire "oui, c'est peut être vrai" à 7h le matin. Un des pires instants de ma vie, c'est donc CE petit matin, le lino de la salle colle aux pieds, il reste une poignée de gens, les plus proches, et tous ceux qui n'ont pas la force de rentrer, des paillettes, des mégots imbibés de vodka. On ne se sera pas beaucoup vu de la nuit, toi occupé à avoir 24 ans et demi et moi à la logistique de tes 25 ans. On ne s'est vu que pour les bougies, ou pour le quart d'heure psy qui accompagne le litre de whisky-coca.
Alors tu t'avances vers moi, comme un gamin bien remonté.
Ton sac à dos par dessus ton costard,  tu me dis que tu t'en vas c'est terminé, et tu fulmines comme les cigarettes que tu n'as plus, et tu dis merci, hein merci vraiment et rien, personne ne bronche autour de nous ... surtout pas moi. Par contre mon coeur construit instantanément pléthore de phrases incompréhensibles que je voudrais te balancer tout de suite pour te faire trébucher par terre, et rester là. Bouche cousue, je me dis  quand même sale con  tu n'as pas le droit de me faire ça.  Et que rien à voir mais que tu es touchant comme un coeur, dans ta veste noire pas assortie à ton pantalon marron. Je me dis que tu bluffes et que tu vas revenir, je me dis que je t'aime et merde reviens tout de suite.

Après il y a l'occurence d'un indésirable, et la police, et les larmes, et une clope sur le toit en regardant passer les trains, et tes bras et quelques heures de sommeil de plomb, à trois dans mon petit lit, et des hamburgers au réveil. Et je crois que depuis on s'aime encore plus fort, parce qu'on a pleuré, qu'on s'est regardé, et qu'on a pas voulu se raconter les trucs sordides que les gens se disent pour se donner l'impression qu'ils sont proches.
Cette fois c'est sûr, je n'ai rien à exorciser. J'ai l'ami-grand-frère-petit-frère dont j'ai toujours rêvé.

31 mars 2009

Le soleil avant l'été. C'est l'amour vache. C'est dévorant et ça ne me ménera nulle part, mais je n'en démords pas. Je l'écoute  me raconter des conneries à 3h du matin dans mon téléphone,  comme un fil rouge entre le jour et le jour, et chaque fois il faut qu'on se voit, pour travailler, pour prendre le soleil sur la pelouse du Thabor, pour manger un scoub' à Saint Michel, boire un sirop de violette ou une bière aux lices, jouer à la playstation, faire un tarot, pour s'enlacer, pour s'inviter chez des gens qui cuisinent ou pour un hamburger à 3h du matin, pour s'enlacer encore, se balancer des insultes et se dire qu'on s'aime. Les jours sont plus longs, on voit des cortèges de mouette à 7h, le matin. 


J'ai toujours une vue splendide sur mon quai de gare, et je repense aux  fois où moi aussi, j'étais accrochée à la bouche de quelqu'un avant d'aller saigner du nez au dessus de la merde bleue des toilettes de train.  On passe quasi tous les soirs par la collecte de verre, tout ça n'est pas très sain. Je compte les rides sur mon front. Mais jaime autant, que quand j'en avais pas.

14 mars 2009

WARNING

C'est la rechute, tu te remanges la peau des doigts, tu repenses à chaque moment de réconfort environ 378 fois dans ta tête ou alors tu les relis sur ton téléphone comme les ados dans le bus, tu n'arrive plus à regarder dans les yeux les proches qui te parlent trop gravement, tu te ruines en junk-food au lieu de faire des courses et même le soleil ou l'ivresse ne changent pas la donne.

Petite Vierge Marie en plastoque, s'il vous plaît sortez du mur et venez l'inonder de lumière.
Ou je sais pas, des claques.

8 mars 2009

J'ai repris goût à la lecture-de-morceaux-choisis-au-lit, après la fête et/ou le plat de pâtes post-fête.

Je leur lis des passages de ce qui m'a plu il y a des années, tout doucement et tout près, jusqu'à ce qu'ils sombrent dans le sommeil, et je me sens bien comme jamais.

3 mars 2009

Il y a des gens comme ça à table ils se disputent la vedette d'une conversation et ils ne s'écoutent pas, mais ils te regardent tous deux très très fixement dans les yeux. Et donc tu opines de gauche à droite sans savoir qui écouter plus que l'autre et puis finalement tu te dis qu'un peu de vinaigrette dans l'œil les stopperait net. Si tu osais.

J'ai un faible pour certains chefs d'œuvre chantées par des libanaises siliconnées.
Je me cherche régulièrement des compagnons-de-loupiotte mais les gens préfèrent l'apéritif, en général.

Avec C., on pense s'installer ensemble l'année prochaine. Oui c'est du suicide de vivre avec une collègue de travail, mais on partage une petite tendance autodestructrice et puis on se retrouve souvent dans le même lit de toute façon.

Je fais des traductions aberrantes de texte juridique en regardant la pluie et en écoutant Satie, et je rêve d'un show électronique pour ce week end, plein de lunettes mouches et de fluokids en guoguette. Mais que vais-je choisir ? J'hésites.

1 mars 2009

Je me suis retrouvée assise devant ma porte d'entrée à 4 heures 30 du matin, en larmes et sans force, incapable de mettre une putain de clé dans une putain de serrure, à sangloter comme quand j'avais 5 ans. Je ne souhaite cela à personne, pas même à la plus connasse et le la plus garce des jeunes femme sur cette terre, et je ne veux plus jamais ressentir cela.
Être quasi-amoureuse/jalouse d'un gay est bien la chose la plus pathétique et la plus humiliante qui soit quand on a deux sous de jugeotte, et je serais la première à rire de celle à qui ça arriverait. Que le printemps me balaie de cette plaie bien vite, et apporte les couleurs dont on tous besoin pour gagner en endorphines et en discernement, et m'aide à cracher là dessus, et m'aide à t'aimer comme je devrai. Comme une fille normale, et pas comme quelqu'un de seul.

28 février 2009

Parmi toutes les choses que je mettais facilement dans des listes "j'aime" avec la cigarette blonde, le vin, la musique, le premier baiser gnagnagna, il y a aussi ce truc génial qu'est de sentir dans le dos ou sur le ventre la poitrine de la fille avec qui l'on danse, dormir à plus de trois dans un lit pour deux, les couchers/levers de soleil sur les chantiers surtout s'il y a des grues, partager une boîte de z'animo, et faire passer le pola de main en main pour recouvrir le frigo de moments aussi mignons que très très chers.

22 février 2009


--Je peux pas me passer de toi.

Et toi non plus.
Toi non plus, hein, tu peux pas te passer de moi!

--Non...

[il faut qu'on arrête ça très vite, parce que sinon un amour niais et démesuré va nous dévorer le peu de neurones qu'il nous reste, et parasiter ma vie sociale et ma vie sexuelle aussi. Et ça va devenir triste.]