10 mai 2008

Ma grand mère (au Bangladesh) est une bien vieille dame. Depuis quelques semaines, des problèmes de santé l'ont affaibli. Et de façon vertigineuse ces derniers jours. C'est peut être bien ses derniers jours, justement. Mon père est coincé ici, avec des réservations de vol dans plus d'un mois, déplaçables dans quinze jours tout au plus.

L'éventualité qu'elle disparaisse là maintenant, ce serait injuste, comme toutes les morts vous me direz. Mais je ne voudrais pas qu'il vive ça au téléphone, comme pour son père il y a quinze ans. Et qu'il pleure dans un combiné, avec tous les frères et la nébuleuse de la famille au bout du fil qui eux, sont tous autour d'elle. Et qu'il arrive plusieurs semaines ensuite, pour voir une motte de terre.

J'ai misérablement bredouillé que non non s'il vous plaît, sans m'adresser à personne d'autre en particulier que le hasard, mais à l'église quand même, brûler une petite flamme.
Miser quelques semaines de sursis sur une veilleuse (une bougie chauffe-plat made in china ?) en fixant la vierge comme si ça servait à quelque chose, sauf que cette fois je voudrais vraiment que ça marche un peu.

5 mai 2008

Tu te rappelles... on était assorti. La longueur des cheveux, le métal hurlant cousu dans le dos (Kaki, le dos). Tu n'as pas changé d'un cheveu. C'est valable pour ton air d'ado-déglingué mais aussi certainement pour l'âge de tes conquêtes:Rimbaldien. (Oui, Rimbaud, il avait 17 ans; après cet âge il s'est transformé en papillon) et la teneur de tes préoccupations: vaguement écolos, vaguement Baudelairiennes, vaguement Rock'n'Roll, vaguement coincées quelquepart dans l'année 1999.
C'est touchant, même si tu es un peu grand, maintenant. Combien de fois tu l'as laissé passer, ton train pour la suite ? Est ce que quand je te reverrais dans quelques années, ta copine passera son le bac de français ?
"Toi non plus t'as pas tellement changé".
Ca c'est drôle. Et tu prends une méche de mes cheveux, que tu colles sous ton nez, et puis que tu colles sous mon nez.
"C'est la même odeur. C'est cet espèce de shampoing henné-praliné."

La technique de drague, elle aussi, elle est restée coincée, quelquepart en 1999.

28 avril 2008

Il s'est écoulé peut etre une semaine entre le jour où j'évoquais l'acquisition de superbes bas de contention en dentelle spécial-avion, et l'achat effectif d'un vol pour Prague, ville de mes rêves. Presque sur un coup de tête donc. Et si je faisais ça plus souvent à l'avenir?

J'en arrive à construire des suites imaginaires,les pieds sur la tapisserie, avec pour commencer
écho-doppler en petite culotte => billets d'avion. Mais je suis pas méga douée pour tirer des conclusions probantes de toutes mes équations. Surtout celle qui dit pleins de projets=> pas de projets.

Tout ça pour dire que je refais mon année, parce que ça ne se passe pas très bien, parce que peut être que je ne suis pas prête, et parce que je sens que c'est mieux.
Je ne dilue plus mes doutes dans des verres, je les balance à tout le monde, et tout le monde ne comprend pas.
Et je m'en fous.

Dans l'appartement d'O., mon nouveau jeu consiste à trouver un mètre carré de surface habitable qui ne contient pas de mégots, ou de paquets de clopes ouverts, ou de pastilles de menthe ou de chewing gum extra fraîcheur. En fait O. n'est pas qu'un fumeur, c'est surtout quelqu'un qui vit dans un appartement de fumeur. Parfois Je garde ses enfants dans cet appartement de célibataire-musicien nicotiné. A force de fouiner dans ses disques et ses bouquins je peux aisément dire qu'il fume et qu'il adore les red hot chili peppers. Souvent je lui raconte mes soirées où les groupes que j'écoute, il parle de reprendre des études, il a les yeux qui brillent, et quand je le vois je sais que j'ai raison de prendre mon temps, avant de devenir une mère fumeuse compulsive qui se perd dans les paquets de chewing gums et les disques de rock dont beaucoup sont encore sous cellophane, parce que pas-eu-le-temps-de-les-écouter.

14 avril 2008

Le post anecdotique, parce que c'est le printemps.

Le sèche cheveu.

Ce matin, mon sèche cheveu a flambé, à la base entre le fil électrique et la fiche, et à défaut de hurler, j'ai quand même réveillé tout le monde en cassant à peu près tout ce qui se trouvait dérrière moi sous l'effet de surprise+débranchement express+chute en arrière. Dans 9 mètres carré, tout est possible.

Monsieur P.


Il y a quelques jours, un professeur qui me connait depuis la première année m'a confié à quel point il était déçu, que j'étais une élève brillante "avant", que tant d'acquis se sont essoufflés au fil du temps, j'ai eu un beau sermon et son numéro de portable, je me sens comme un animal en voie de disparition qu'on essaie de sauver. Il se pourrait qu'il ait piqué mon orgueil ce madrilène caractériel, et peut être que je remercierais un jour. Avant, il faudrait que je lui balance autant de vannes pourries et mesquines qu'il a pu distiller en quatre ans, et sur un court laps de temps ça risque de demander quelque subtilité (pour pas tomber dans le syndrome Tourette).

Belleville rendez vous

La malédiction "copains d'avant" m'a fait prendre un sacré coup de vieux. Depuis qu'hier, Fanta m'a trouvé. Fanta, c'était notre voisine quand on vivait rue Bisson à Belleville. Elle a gardé contact avec tout un tas de filles au prénoms finissant par -a ou par -ou et et dont je me souviens parfaitement, comme si j'avais toujours souhaité que ce jour arrive et qu'elle teste l'étendue de ma mémoire. Mes préjugés les rangeaient à peu prés toutes, elle y compris dans la catégorie des filles-mères vendeuses chez elysold ou carburant aux allocations (le climat familial de 90% d'entre nous à l'époque) et il se trouve que c'est au contraire une fille indépendante, pétillante et curieuse, avec un job sympa, sans pour autant avoir jamais quitté cette rue. Je me souviens des doudounes à fleurs de Fanta et de Bambi, de Toba, d'Hadja, de Faty, Hadjira, Sameh, Dounya. Je n'ai jamais retrouvé nulle part des prénoms pareils, comment je pourrais oublier ça.
Toute la nuit qui a suivi nos deux tout petits mail de quelques lignes avec un numéro de téléphone au bout, je me suis demandé, et me demande toujours ce que serait ma vie si je n'avais jamais quitté Paris, et qu'on avait grandi ensemble. J'ai comme une étrange impression que ça aurait peut être été bien mieux. J'ai une hâte pas possible de l'appeler dés que je mettrais les pieds dans la capitale, et qu'on boive un thé à la mente, et qu'on parle pendant des heures. Et qu'on pleure un peu.


L'amour, l'amour.


Cette nuit, P. a écrit quelque chose comme je suis amoureux et j'ai répondu "Merci."
Je ne sais pas ce qu'on peut répondre de plus stupide que ça.

Voilà, c'est le printemps.

3 avril 2008

"Je ne vaux rien, je ne vaux pas la peine, tout le monde va bien finir par s'en rendre compte, rien du tout du tout du tout du tout", et le fait de répéter ce couplet pathos-intégral, en inondant son épaule de mes pleurs puérils et insupportables, s'accorde bien au tout. Beau travail Maya.
Elle me le confirme à coup de
Je sais. Oui. C'est vrai.
Et en même temps le chemin du "c'est plus tout à fait vrai" vient de s'ouvrir là justement, je crois que je viens d'en percer l'ouverture, je le sens comme ça, là dans cet espace entre mon nez qui coule et son cou.

Grandir dans haine de Moi(moimoimoimoi), dans la haine du foyer où l'on a grandi à trois,et que j'en avais rien à foutre, (notre génitrice nous l'a bien appris), grandir à côté de mes soeurs sans les connaître, partir sans les garder un peu avec moi, laisser mon père m'aimer alors que je fais tout pour le décevoir,laisser les gens m'aider sans savoir quoi faire pour les remercier, ne pas donner de nouvelles, m'enfermer par période dans un mutisme que je n'explique pas, ne pas en faire assez pour ma grand mère qui habite la même ville que moi, aimer démésurément et exclusivement certains garçon de la manière la plus égocentrée qui soit, baisser les bras dés que j'aperçois un mini obstacle alors que je suis une grande jument bien solide bordel, tout ça va prendre fin dans un mouchoir dés cet instant, je le jure devant personne, je me le jure à moi-même, et c'est trés important.

Quantité de démarches dans ce sens vont se traduire par une bouffée d'amour et de petites attentions pour les gens qui m'entourent, il vont peut être se demander si j'ai un grain, ou si j'ai des trucs à leur demander, ou si je prépare un sale coup, ou si je suis enceinte.

J'ai juste envie de rattraper le coup, je voudrais rattraper le coup.
J'ai un coup de coeur, là tout de suite, dans la salle info de ma fac alors que la femme de ménage passe l'aspirateur, pour la vie. Et ça va commencer dans un quart d'heure, quand je sauterai dans les bras de ceux que je préfère pour leur demander, pour de vrai, comment ça va.

19 mars 2008

Même loin tu m'envahis, même absent, même quand je prétends le contraire même que c'est déja un bon début. Tu donneras toujours un signal pour t'en assurer, j'ignore ce que tu cherches en jouant à ça. Des fois tu dis que tu touches le fond, et alors si j'y pense trop je me dis que je suis un peu au fond moi aussi. Que je suis un peu avec toi.

Et puis je réalise qu'il y a bien des gens autour de moi qui mériteraient que j'en fasse au moins autant, ce sont les vrais amis, ma famille, c'est à eux que je dois penser, à eux, à elles, à moi.
Peu importe la façon dont je vais te balancer de ma vie, je ne me poserai pas de question, parce que ce sera toujours plus juste que de t'aimer, toi.

17 mars 2008

Les téléphones portables new generation, c'est rien de moins que le nouveau ghetto-blaster. Sur la plage dans le métro dans le bus. Sauf qu'au lieu de dodeliner de la tête, l'heureux possesseur d'un téléphone mp3 qui crachouille le brandit dans sa main tel une zapette avec un regard mi-morne mi-mort, et attire les œillades moins apaisées de tous les passagers autour. D'ailleurs, on ne comprend pas bien l'intention du mp3-man. Est-ce pour mieux appréhender le monde extérieur tout en écoutant sa musique préférée ? Parce que le casque, c'est une chouette invention aussi. Est ce une revendication ? Moi j'écoute ça, et c'est trop bien. Ou quelque chose comme Ce flow (ce beat ce riff, comme vous voulez) c'est la bande son de ma vie, j'ai décidé que ça doit me suivre partout. Comme le sillage d'un parfum. Ou alors ce serait juste pour faire chier les gens autour, voire les trois en même temps. Parfois, on rencontre deux spécimens dans le même autobus, et là comment dire, c'est une véritable battle, c'est à celui qui fera cracher le plus fort sa boîte à rythmes, et de bon matin ça donne le ton. L'autre jour, il y avait ce type avec un hoodie délavé et la tignasse folle et jaune, mode je-me-suis-renversé-une-bouteille-d'eau-oxygénée-sur-la tête, il a aussitôt dégainé un petit transistor made in china comme celui que l'on a dans notre cuisine ou notre salle de bain, et puis il s'est mis à danser sur les notes de Zazie, et on est tous un petit peu tombé amoureux de lui ce jour là, pour avoir soufflé dans la langue de belle mère qu'on se dessinait tous un petit peu en pensée.

15 mars 2008

Je ne peux plus y aller, alors j'ai revendu mes places pour eels.

Voilà, je vais me pendre maintenant. Salut.

10 mars 2008

Contre toute attente on vieillit. Y essaie de m'appeler sans laisser de message, sans doute pour nous inviter à une grosse fête trimestrielle au pavillon avec 99% de gens que je ne connais pas, ses nouveaux colocataires qu'on ne connait pas, sa nouvelle petite copine qu'on ne connait pas. Début mars, oui...c'est bientôt son anniversaire je crois. Cette perspective ne m'excitant pas plus que ça, il est évident que je ne donnerais pas suite, parce que je ne veux surtout rien savoir. Je connais les fêtes avec Y., et si je ferme les yeux je peux déjà la voir.
Il y aura de la dub et de la chanson festive, des pizzas pour 3% des têtes présentes parce que chez Y. les gens ne ramènent jamais rien,des bières et des joints, des mister-ananas qui sentent le chien et des fans de foot, des couples qui se lèchent la pomme pendant que les hommes glousseront de leurs blagues toutes plus lourdes qu'un camion entier de t-shirt tendance ninja-tune. Et une fois tous dehors , Y. se lancera dans des courses effrénées , des escalades de poteau et/ou de voitures comme il le fait tout le temps au risque de se casser un truc ou de se tuer. En chantant n'importe quoi avec "révolution" dedans. Inévitablement il y en aura un qui, sur les bon conseils de son hôte, se trouvera une quelconque activité artistique ou une personnalité toute pleine d'ambigüités pour entamer une démarche de séduction. Et je vais devoir lui dire que, non, je ne fais pas de casting pour l'instant, merci.
Au meilleur des cas, mes amis qui le connaissent un peu auront fait preuve d'une immense indulgence pour y aller avec moi et on pourrait vite s'enfuir finir la nuit ailleurs avant que je n'aille vomir dans le jardin. Je me contenterais donc de mettre un petit mot et un petit cadeau dans sa boîte aux lettres, parce que j'ai laissé dérrière moi mes 17 ans. Nos univers ne sont plus trop compatibles, faut croire. Même si on essaye tant bien que mal de les garder attachés.

5 mars 2008

Le polaroïd est mort, voilà. J'ai l'air fine maintenant avec mes quatre appareils. Toutes les photos que j'ai pu prendre, je les ai offertes comme des cartes postales, j'en ai même pas gardé une. J'aurais tout intêret à dénicher un dernier film, voire deux pour les grandes occasions.

La cancerette partout tout le temps et par tous les temps, c'est fini. Je m'intoxique avec 3 à 10 cigarettes par semaine... feu ma dose hebdomadaire, et je ne suis ni hystérique ni obèse. J'ai juste appris à ne brûler que celles dont j'ai vraiment envie. Finalement, la répression, c'est une bonne méthode... merde.

Je ne tiens définitivement plus l'alcool. Trop-vite-trop-fort, et alors je suis par terre avant même d'être ivre.

Je suis devenue une "fausse-timide-qui-se-la-raconte"ce qui doit vouloir dire que je suis sociable, et ça me convient trés bien.

Ma guitare est officiellement morte dans un coin il y a an, et depuis que M. est revenue, et puis peut être depuis que j'ai écouté la BO de Juno 99 fois, je vais peut être y remettre des cordes.

J'ai acheté des Pan di Stelle, les plus jolis biscuits de l'univers, peut être quatre fois dans ma vie, parce que l'Italie c'est pas tout près. Mais aujourd'hui, en allant faire mes courses, je suis tombée en pamoison devant de tous nouveaux goûters, les Doowap waddy au lait. They made my day.

Et vendredi soir, Syd Matters nous fera verser des larmes.. ou pas.